Le HONOR Robot Phone passe aujourd’hui du concept au produit commercial. Présenté en mars au MWC, ce smartphone haut de gamme intègre une caméra montée sur un bras motorisé qui sort de son dos, pivote pour suivre un sujet et stabilise les mouvements sur trois axes. Les ventes commencent ce 18 août en Chine à partir de 9 999 yuans, sans date ni prix annoncés pour la France.
L’objet attire immédiatement l’attention, mais son intérêt ne tient pas au fait qu’il puisse hocher la tête ou danser. Sa vraie différence est de transformer la caméra principale en gimbal mécanique intégré. Le téléphone peut conserver une personne dans le cadre pendant un appel, suivre un créateur qui se déplace ou produire des mouvements habituellement confiés à un stabilisateur séparé. En contrepartie, il ajoute des moteurs, des articulations et une ouverture mobile à l’appareil que l’on transporte le plus souvent dans une poche.
La réponse rapide
| Question | Réponse |
|---|---|
| Qu’est-ce qu’un Robot Phone ? | Un smartphone dont la caméra principale se déploie sur un gimbal motorisé et piloté par l’IA. |
| Est-il réellement commercialisé ? | Oui, les ventes débutent en Chine le 18 août 2026. |
| Combien coûte-t-il ? | 9 999 yuans en 12 Go + 512 Go et 12 999 yuans en 16 Go + 1 To. |
| Peut-on l’acheter en France ? | HONOR n’a communiqué ni disponibilité mondiale détaillée, ni prix européen. |
| Pourquoi deux caméras de 200 Mpx ? | Une caméra principale stabilisée et un téléobjectif périscopique couvrent la capture courante et le zoom optique 2,7x. |
| Est-ce un robot autonome ? | Non. Il reste un smartphone dont le module photo dispose de mouvements physiques et de fonctions de suivi. |
Une caméra qui sort réellement du téléphone
Le mécanisme rassemble plus de cent composants dans un gimbal que HONOR décrit comme doté de quatre degrés de liberté. Il comprend un bras qui déploie la caméra et une stabilisation sur trois axes. Le moteur en titane pèse 2,6 g et pourrait atteindre une vitesse de contrôle de 360 degrés par seconde.
Le constructeur affirme avoir réduit la taille du système de 65 % par rapport à des gimbals courants tout en doublant sa résistance structurelle. Ces chiffres viennent de HONOR et devront être confrontés à des démontages et essais indépendants. Ils montrent néanmoins le défi : une articulation suffisamment petite pour tenir dans un téléphone doit aussi résister aux accélérations, à la poussière et à des milliers de déploiements.
Le bras permet plusieurs comportements. Le verrouillage d’inclinaison maintient l’horizon, les modes FPV accompagnent les rotations et AI SpinShot automatise des mouvements de 90 ou 180 degrés. Le suivi de sujet combine la caméra avec la détection logicielle pour conserver un visage ou un objet dans le cadre.
Le cas d’usage le plus crédible : filmer seul
Un créateur qui se filme doit habituellement tenir le téléphone, utiliser un trépied fixe ou ajouter un stabilisateur motorisé. Le Robot Phone réunit ces options : posé sur son support magnétique, il peut orienter la caméra vers la personne, la suivre lorsqu’elle traverse la pièce et ajuster le cadrage sans opérateur.
Cette fonction peut servir aux appels vidéo, aux cours à distance, à la cuisine, au sport ou aux directs. La localisation de la source vocale aide le téléphone à choisir vers qui se tourner, tandis que les gestes déclenchent le déploiement et la prise de vue sans toucher l’écran.
Le gain dépendra de la qualité du suivi. Un moteur rapide ne suffit pas si l’algorithme perd un visage, hésite entre deux personnes ou recadre brutalement. Il faudra aussi vérifier le bruit mécanique dans une pièce silencieuse et l’impact des mouvements répétés sur la captation audio.
Deux capteurs 200 Mpx et un partenariat avec ARRI
La caméra principale de 200 Mpx utilise un capteur de 1/1,28 pouce avec une ouverture f/1,6. Elle se trouve sur le gimbal mobile. Un deuxième capteur de 200 Mpx équipe le téléobjectif périscopique, avec un zoom optique 2,7x, tandis qu’un ultra grand-angle de 50 Mpx couvre 122 degrés.
HONOR s’est associé à ARRI, fabricant de caméras de cinéma. Le téléphone peut enregistrer en ARRI LogC3 10 bits, utiliser l’espace colorimétrique ARRI Wide Gamut 3 et prévisualiser des rendus ARRI. L’objectif est de conserver davantage d’informations dans les hautes lumières et les ombres afin de faciliter l’étalonnage dans un logiciel comme DaVinci Resolve.
Ce partenariat ne transforme pas un petit capteur en caméra de cinéma. La taille de l’optique, la profondeur de champ, la gestion thermique et la compression restent celles d’un smartphone. Il peut en revanche rendre la chaîne couleur plus cohérente et offrir aux vidéastes une image plus souple à travailler.
YOYO donne un corps limité à l’IA
Le mode YOYO Robot associe perception multimodale, reconnaissance des gestes, localisation sonore et mouvement physique. Le téléphone ne se contente donc plus d’afficher une réponse : il peut orienter son capteur vers la source d’un événement et manifester une réaction par un mouvement.
HONOR parle d’« IA incarnée », une expression à garder à sa juste mesure. Le corps du Robot Phone se limite à son mécanisme photo. Il ne se déplace pas dans une pièce et ne manipule aucun objet. Cette incarnation reste toutefois plus concrète que l’animation d’un avatar, car une décision logicielle provoque un changement réel de point de vue.
YOYO Auto Execution doit aussi exécuter des tâches en plusieurs étapes dans les applications et réglages compatibles. Une interface Agent Skills est annoncée pour que des développeurs exploitent le gimbal et les capteurs. La valeur de cette ouverture dépendra de la documentation, des autorisations et du nombre d’applications réellement intégrées.
Une fiche technique de très haut de gamme
Le Robot Phone utilise le Snapdragon 8 Elite Gen 5, un écran OLED LTPO de 6,31 pouces à rafraîchissement adaptatif de 1 à 120 Hz et une batterie silicium-carbone de 7 060 mAh. La recharge atteint 120 W avec un câble et 50 W sans fil. Deux configurations sont proposées : 12 Go de mémoire avec 512 Go de stockage, puis 16 Go avec 1 To.
La grande batterie paraît nécessaire. Le suivi vidéo sollicite simultanément le capteur, le traitement d’image, l’IA et plusieurs moteurs. HONOR promet une autonomie quotidienne, mais seule une mesure en vidéo stabilisée permettra de savoir combien de temps le mécanisme peut fonctionner avant de réduire les performances ou de vider la batterie.
Le pic de luminosité annoncé à 6 800 nits correspond vraisemblablement à des conditions limitées et ne décrit pas la luminosité soutenue de toute la dalle. Comme pour les mégapixels et la vitesse du moteur, le nombre maximal doit être séparé de l’expérience réelle.
Durabilité, poussière et réparabilité : les grandes inconnues
Un smartphone classique possède déjà des éléments fragiles. Ici, le module photo doit sortir, encaisser une éventuelle pression latérale puis rentrer correctement. Une chute lorsque le bras est déployé constitue le scénario le plus évident. Du sable ou une fibre peuvent aussi gêner une articulation de précision.
HONOR met en avant ses matériaux et son expérience des smartphones pliants, mais ne détaille pas encore dans son annonce mondiale un indice de protection propre au Robot Phone, un nombre de cycles certifié ou le prix du remplacement du module. Ces informations sont plus importantes pour un achat durable que la capacité du téléphone à danser en démonstration.
Une coque pose également problème : elle doit libérer le mécanisme sans épaissir excessivement le dos. Le support magnétique fourni peut réduire les manipulations, mais il ne protège pas une caméra déjà sortie. Les premiers tests de résistance et la disponibilité des pièces seront donc décisifs.
Vie privée : une caméra capable de suivre attire davantage l’attention
Le suivi automatique implique une analyse continue de l’image et parfois du son. Il faudra savoir quelles opérations restent sur l’appareil, quelles données rejoignent les services YOYO et comment désactiver la localisation vocale. Un voyant ou un signal clair doit indiquer lorsque la caméra est active, particulièrement si le téléphone tourne seul vers une personne.
Le mouvement rend la captation plus visible, ce qui peut paradoxalement améliorer la compréhension des autres personnes présentes. Mais il permet aussi de couvrir une pièce plus largement qu’une caméra fixe. Dans un bureau ou un domicile partagé, le consentement ne doit pas être traité comme un simple réglage utilisateur.
Faut-il attendre une sortie française ?
Le Robot Phone est d’abord un produit chinois très cher. À 9 999 yuans pour la version de base, il vise les passionnés et créateurs prêts à accepter les risques d’une première génération. Une importation ajouterait des questions de bandes réseau, de services logiciels, de langue, de garantie et de réparation.
Pour la majorité des utilisateurs français, attendre une annonce européenne est la décision raisonnable. Elle permettra de connaître le prix avec taxes, les fonctions YOYO disponibles localement et les conditions de service. Un smartphone associé à un bon gimbal externe restera moins spectaculaire, mais probablement plus facile à remplacer et à réparer.
Le Robot Phone ne réinvente pas toutes les fonctions du smartphone ; il rend enfin mobile la caméra qui les observe. Si le mécanisme tient dans la durée et si le suivi reste naturel, HONOR aura créé un véritable nouvel outil de capture. Sinon, ce bras motorisé restera une démonstration brillante greffée sur un excellent téléphone.




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